Le cinéma asiatique en plein boom

Publié par Thibaud TRICHARD le

Le cinéma asiatique en plein boom

Après une année 2020 noire pour le cinéma en raison de la pandémie mondiale, les salles ont progressivement rouvert leurs portes en France et dans le monde avec l’allégement de certaines mesures sanitaires, mais aussi avec quelques surprises au box-office. Avec les difficultés du marché américain, c’est le cinéma asiatique qui a connu un véritable essor autour de plusieurs longs métrages.

 

L’industrie du 7ème art a très certainement connu sa pire année depuis la fin de la guerre. On a ainsi enregistré dans plusieurs pays des baisses record de fréquentation des salles (-70% en France) et des recettes, notamment du cinéma hollywoodien, habituelle machine à succès au niveau mondial, qui a enregistré une perte de plus 75% de chiffre d’affaires au box-office. La plupart des blockbusters américains ont soit été reportés ou été à l’affiche sur des périodes raccourcies à cause des restrictions et des fermetures temporaires des cinémas.

 

La Chine le nouvel eldorado du box-office

 

En tant que deuxième marché mondial après les États-Unis, le cinéma chinois a donc profité de cette situation inédite pour se hisser en tête et devenir le nouveau leader mondial du secteur sur l’année qui s’est écoulée avec près de 3 milliards de dollars de recette. Le film « The Eight Hundred », la Brigade des 800 de Guan Hu, illustre parfaitement cette passation de relais en devenant le plus gros succès du box-office mondial de l’année 2020 avec près d’un demi-milliard de dollars générés (bien aidé par son public).

 

Les plus gros succès américains tels que Tenet de Christopher Nolan et 1917 de Sam Mendes ont à peine dépassé les 400 millions de dollars, mais plus globalement, un certain nombre de films chinois, japonais et plus généralement asiatique occupent les premières places de classement, d’ordinaire largement dominé par les films américains. Et 2021 sera vraisemblablement une année charnière pour l’industrie cinématographique asiatique.

Statue Buddha

 

Les films d’animation japonais ont le vent en poupe

 

Parmi les autres nouveautés du box-office, c’est les sorties sur les écrans français de plusieurs longs métrages d’adaptations d’animés japonais, qui habituellement réservés aux salles nippones, ce sont exportés dans l’hexagone depuis la réouverture des salles. À l’image du phénomène Demon Slayer, un animé qui mélange japon traditionnel, kimono et combat au katana et qui a eu droit à son adaptation cinématographique (Demon Slayer : Le trains de l’infini de Haruo Sotozaki) pour un public averti.

 

Fin mai, c’est le célèbre « Détective Conan », pendant japonais de Sherlock Holmes, qui a vu son dernier long métrage, Detective Conan The Scarlett Bullet de Chika Nagaoka, être à l’affiche des cinémas français au plus grand plaisir des fans de l’animé et du manga. Et le succès est au rendez-vous pour les salles françaises qui ont bien compris l’engouement qu’il y a autour de ces films qui permettent encore aux salles obscures d’exister face aux plateformes de streaming et de vidéo à la demande.

 

 

Le prestige du cinéma asiatique

 

S’il y a bien un pays qui bénéficie d’une vraie notoriété au niveau international, c’est le cinéma coréen. Cette année pour la 74ème édition du Festival de Cannes, deux films sud-coréens ont été invités dans la sélection officielle du festival, deux ans après la Palme d’or décroché par le réalisateur Bong Joon-ho et son thriller Parasite (Oscar du meilleur réalisateur). À l’instar du natif de Daegu, c’est une nouvelle génération de réalisateur à succès et très appréciée à l’étranger qui s’est formée autour de Park Chan-wook (Oldboy), Hong Sang-soo (La Femme qui s'est enfuie) et Kim Jee-woon (A Bittersweet Life) avec des scénarios à la fois violents et poignants.

 

Même si le succès du cinéma asiatique et de ses acteurs et actrices reste moindre en comparaison avec certains artistes musicaux de K-Pop ou encore les séries animées japonaises, il est toutefois important de noter qu’il plaît de plus en plus, en témoigne le nombre de festivals dédiés au 7ème art asiatique en France notamment. Ce sont vraisemblablement ces succès planétaires dans la culture populaire qui suscitent de plus en plus l’intérêt d’un plus grand nombre pour le cinéma asiatique et qui inspirent même d’autres pays.

 

Malgré tous ces signes encourageants, l’objectif pour le cinéma asiatique, à l’instar de la Chine, c’est bien sûr de prolonger le succès et de s’imposer comme une véritable valeur sûre au box-office mondial.

 

 

 

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